Alain Deneault

Au début je tombe sur ça,qui fait envie.. mais je n’ai pas les sous pour regarder les 84 Minutes manquantes…

Alors après une recherche avec le nom du bonhomme, je trouve ça… et je me rends compte que ma pêche était très bonne

Ça fait partie des rares personnes  ( en les écoutant)  que j’approuve presque à chaque phrase.. où la personne mets enfin des mots sur ce que je pense… pas tout le temps, mais quand même si souvent… Cette impression d’être nourri, et en même temps de prendre la mesure de ma faim insatiable de ce genre de pensées.

Et sur le net il y en a un camion… juste le temps de chercher et d’écouter, de lire… et cette furieuse et vaine envie de partager, d’en discuter collectivement.

Cette vidéo de David Dufresne (Au post) fait plus de 2 heures, faudrait s’arrêter toutes les 10 minutes et en discuter…   Faudrait…

Je colle là le texte de présentation de la vidéo

Alain Deneault: en guerre contre la médiocratie

A la sempiternelle question, Que faire?, le philosophe répond: «Faire que! Faire mal. Mal faire les choses, ne pas suivre les conseils officiels.» Dans une autre vie, sur un autre continent, on avait eu le bonheur côtoyer Alain Deneault. Depuis Montréal, il bataillait contre l’industrie extractiviste. Alain nous revient avec Faire que! (Lux éditeur), ouvrage lucide où il nous invite à explorer un nouveau mode d’engagement politique, la biorégion. Et nous somme de sortir de la sidération (et) de l’écoanxiété, pour mieux partir au combat (intellectuel). Attention, le bougre parle vite.

parDavid Dufresneet

7 novembre 2024

Face à une variation climatique d’une rapidité sans précédent, sortir de la sidération et de l’éco anxiété pour faire face aux enjeux écologiques et démocratiques paraît accablant et infaisable. Dans  son nouveau livre « Faire que », le philosophe canadien Alain Deneault soulève des concepts clés à la compréhension d’une alternative à l’écologie politique actuelle. Cet horizon dont il est question, c’est la « biorégion ». Alain Deneault, fervent combattant contre l’industrie extractiviste, critique sans concession du développement durable et de nos modes d’action actuels, nous livre sa vision du changement. Le tout à l’aide de grands gestes et d’un haut débit de parole.

Nihilisme libertarien à l’américaine

À la veille des élections américaines, une réflexion s’impose sur l’extrême-droite. Ce qui intéresse Deneault, en premier lieu, c’est d’analyser ce qui nous pousse à qualifier Donald Trump de « fasciste ». Cela passe par l’analyse des discours du candidat républicain et de l’emploi systématique de superlatifs, à l’instar de Jean-Marie Le Pen, dont les expressions catastrophistes ne touchent pas que les plus bêtes. Car dans la très belle société du spectacle, qui n’aurait pas envie de voir une telle clownerie sur la scène politique ?

Pour ce qui est de la France, l’extrême-droite se diviserait en trois catégories de personnes : les militants nostalgiques de Pétain et de l’Algérie française, les cyniques et les conformistes. Ces derniers, compatibles avec ces idées de plus en plus légitimées, y voient un objet de substitution à leur angoisse. Si le corps social va mal, virons simplement nos boucs émissaires préférés et tout ira mieux, comme le veut le concept freudien de déplacement et de concentration. Si nos sociétés tendent vers les idéologies d’extrême-droite, c’est bien parce qu’elles ne sont pas exigeantes intellectuellement. 

Éco-anxiété ou éco-angoisse? 

Dans la première partie de son livre, le philosophe distingue ces deux notions éminemment psychanalytiques en renvoyant d’une part l’anxiété à la crainte d’une chose spécifique, et d’autre part l’angoisse à un affect qui n’a pas d’objet. Tel est le cas de l’écologie politique qui selon lui n’a pas d’objet structurant la pensée et l’action, mais uniquement des notions substitutives qui ne fonctionnent pas, comme le capitalisme ou le développement durable.

Plutôt que de refouler cette angoisse ou de s’y complaire, il faudrait la convertir en une énergie agissante, à la fois lucide et joyeuse. L’éco-angoisse nous pousserait donc à contourner le problème en cherchant des substitutions, comme le font le développement durable (un bel oxymore !) et le modèle capitaliste extractiviste, dont les représentants technocrates prétendent qu’il « suffit de changer de source d’approvisionnement ». 

La difficulté est d’arriver à être mu par quelque objet virtuel, de pensée, sans garantie. Ce qui est  le contraire de l’optimisme qui a quelque chose de voisin étymologiquement avec l’optimal. L’optimiste, c’est le comptable, le mesquin […]. Au fond, l’enjeu est de se donner une structure de pensée et d’agir qui ne soit pas hors-sol mais qui soit lucide par rapport à l’envergure des problèmes.

Alain Deneault 

À partir de l’adresse <https://www.auposte.fr/alain-deneault-en-guerre-contre-la-mediocratie/>

Je colle là le texte de Hors-série qui est écrit

Alain Deneault

Lire Alain Deneault est toujours stimulant. L’écouter aussi. Et il en faut, des stimuli, à l’instant précis où j’écris ces lignes : nous sommes le mercredi 6 novembre, il est 08h33, l’agence Associated Press annonce Trump à 267 sièges. Dans quelques minutes, quelques heures tout au plus, le résultat sera officiel. De retour à la Maison Blanche. L’accablement, la paralysie, l’angoisse prennent logiquement le pas sur la colère, la rage, l’envie de se battre. Ces dernières, certainement, referont surface une fois la nouvelle encaissée, une fois le choc digéré. Il n’est pas nécessaire d’avoir espoir pour se mettre à lutter. C’est en luttant que vient l’espoir. Ou plutôt : l’espérance.

Le philosophe Ernst Bloch établit une distinction subtile mais fondamentale entre espoir et espérance. L’espoir est un affect passif, une réaction ponctuelle face à une situation qui pourrait être différente ou meilleure, mais sans certitude réelle de sa réalisation. En revanche, l’espérance est une forme d’anticipation active et créative de l’avenir. Elle va au-delà d’un simple espoir, d’une attente passive. Bloch voit l’espérance comme une énergie qui pousse l’individu à participer à la transformation de la réalité et à l’accomplissement de ce qu’il appelle le « pas encore ». Ce « pas encore » représente les potentialités inexploitées, les aspects latents de la réalité qui attendent d’être réalisés. L’espérance est donc une force orientée vers l’avenir, qui saisit dans les plis du présent autre chose que lui-même, le présent étant gros d’alternatives non advenues.

Encore faut-il avoir la lucidité requise. La capacité à voir, dans le réel, autre chose et davantage que ce qu’il donne à voir. Les Etats-Unis, même un jour comme celui-ci, ne se résument pas à Donald Trump. Pas plus que la Russie ne se résume à Poutine et la France à Macron. Adossés à ce principe espérance, au lieu de se lamenter (que puis-je faire, moi, pauvre petit être insignifiant, face au rouleau compresseur du capitalisme fascisant), au lieu de s’enfermer dans nos impuissances individuelles, on se rassemble et on résiste, pour faire que ! Faire que le pire ne soit jamais certain. Faire que recule la bête immonde. Faire que son poison, qui a déjà largement traversé l’Atlantique, ne se répande pas davantage sur nos rives. Que les prochaines inondations ne soient pas demain mais après-demain. Que les droits des femmes, premiers attaqués en pareilles circonstances, soient préservés.

Substituer le faire que ! au que faire ?, c’est l’audacieuse proposition qu’Alain Deneault, philosophe québecois, penseur incontournable de la médiocratie et de l’extrême-centre, a placé au cœur de son dernier essai, paru chez Lux : Faire que ! L’engagement politique à l’ère de l’inouï. Dans cet ouvrage aussi bref que puissant, il est question de nos affects collectifs, de notre paralysie face au déluge de mauvaises nouvelles qui chaque jour nous accablent et des voies possibles pour y faire face. Nous en avons parlé longuement. Dans le prolongement de Bloch, Alain Deneault se fait l’analyste de nos angoisses et de nos espérances, le scribe de nos affects, afin d’y dénicher un sentier, où puisse se frayer une marche collective et résolue vers un mieux-être logé dans l’être lui-même.

Bon visionnage !

Manuel Cervera-Marzal

Aux Sources , émission publiée le 09/11/2024

Durée de l’émission : 84 minutes

À partir de l’adresse <https://www.hors-serie.net/Aux-Sources/2024-11-09/Faire-que–id611>

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