J’ai bloqué Toulouse
J’étais pas seul, loin de là, mais j’en étais, c’est sûr que vers 17h quand ça a commencé à gazer, j’y étais plus…
Au départ, je me disais que si il y avait quelque chose à Carbonne j’irais voir.. on m’avait dit que sous la halle…
A 10h j’y suis passé, rien… Alors je me suis dirigé sur Toulouse en passant par le rondpoint, celui où à l’époque il y avait les gilets jaunes…
Il était sacrément décoré. Comme j’avais un drapeaux palestinien, je l’ai rajouté sur le panneau qui va bien.
Il n’y avait personne… un panneau indiquait « Rejoignez-nous »… rejoindre personne, c’est pas évident…
C’est un grand classique dans le milieu militant de lancer des appels sans indiquer un moyen de se rejoindre…
C’était quand même un moment d’émotion, comme si des fantômes gilets jaunes réapparaissaient…
Donc direction Toulouse, pas de trains au départ de Carbonne, il fallait aller en voiture jusqu’à mi chemin…. et là un train…
Il y avait tout un programme de blocage, puis à 14h30 la grosse manif
Auparavant il y avait un rassemblement des décoloniaux, antiracistes, féministes … Avec une prestation d’une chorale du même tonneau…
Ça chantait à l’unisson, et j’avais du mal… quelque chose de militaire presque… J’imaginais dans ma tête des variations des détours, mais là, rien, la route était droite…pas moyen de s’échapper… personne ne se serait risqué à tenter une deuxième voie.. la bonne cinquantaine de personne qui chantaient avaient la mine réjouie, se souriant mutuellement… il y avait un vrai plaisir… moi ça me faisait presque peur…
Puis le groupe de 200 ou 300 personne à rejoint la manif…
Et en route ,pour la parcours habituel.. il y avait un monde fou..les flics disent 13.000 , les orgas 30.000…
Le nombre était important, mais ce qui était le plus frappant c’est qu’il y avait bien 85% de jeunes, voir de très jeunes..
En général dans ces grosses manifs il y a une minorité de jeunes… les cheveux blancs sont de rigueur…
Là , avec les miens, je me sentais presque seul….

C’est ce qui m’a le plus frappé… J’avais l’impression de voir , « grandeur nature » la génération qui vient… celle qui a commencé à faire l’histoire quand j’avais le dos tourné…. Il y avait bien sur la présence du milieu queer, amis qui était fondu dans des milieux intermédiaires, ce qui donnait une variété de teintes à découvrir à l’infini.
Il y avait la présence d’orgas, de syndicat, mais sans les camions sonos assourdissants, sans banderole façon toiles cirées…
Les pancartes étaient toutes bricolées… sans prétention…

Une des plus belle disait « DEMAIN VIENDRA »
La foule criant avec les geste qui vont bien » Siamo tutti antifascisti, » une toute jeune fille me demande en riant « Qu’est-ce qu’il disent » quand je lui dit que c’est de l’italien et que ça signifie « Nous sommes tous antifascistes » j’ai l’impression que je dépose là un truc qui n’y était pas et qui ne la quittera plus

Il n’y a pas eu de prise de paroles, qui de toutes les façons n’auraient pas pu avoir lieux comme ça se fait à la fin des manifs, vu que les flics gazaient secs.
Les derniers gaz dont je me souvienne étaient ceux envoyés sur le Gilets Jaunes… c’était pas terrible… Mais là, on sentait que depuis les performances gazières d’étaient nettement améliorées… Même à une bonne distance tu les renifles et tu constates que la nouvelle cuvée est bien plus méchante, pique plus les yeux, le nez… il y a un progrès indéniable…
Quand on dit, qu’il faut descendre dans la rue, oui mais les gaz, on fait comment ?
Bien sûr , toute cette masse, avec ses potentialités se disperseront dans la nature.. demain il en restera quoi…?













